Le Kundalini yoga : éveiller & maîtriser son énergie vitale

« Le yoga est une science de la réalité et une preuve expérimentale du caractère sacré de toute vie. » Yogi Bhajan

Jusque récemment, le yoga, ça ne me branchait pas plus que ça. Disons que j’étais plutôt à ranger dans la catégorie des curieuses-sceptiques. J’avais entendu parler maintes et maintes fois des bénéfices que je pourrais en retirer pour mon corps et pour mon esprit mais, malgré quelques essais, je n’avais jamais accroché.

Le yoga & moi

Il faut dire que du yoga, il y en a des tas différents : Hatha yoga, Asthanga yoga, Vinyasa yoga, yoga Nidra, etc yoga. Pas facile de s’y retrouver, surtout quand on n’y connaît rien. Au cours des dix dernières années, j’ai assisté à de nombreux cours et, à chaque fois, j’avais mal, j’appréhendais les mouvements et les postures souvent acrobatiques, je me comparais aux autres qui y arrivaient si bien, je me sentais en échec et, finalement, j’abandonnais. Bon, entre toi et moi, pendant longtemps, je n’ai pas été très à l’aise dans mon corps ni avec l’image de celui-ci, je n’avais pas confiance en moi dans bien des domaines et les cours de yoga me mettaient directement face à ces problématiques. J’y ressentais une pression de performance, de réussite de beaux mouvements et d’esthétisme de corps bien éloigné de ce que je percevais du mien. Peut-être que pour moi, ce n’était ni les bons moments pour essayer, ni les bons cours ou les bons professeur·e·s, ni la bonne pratique, qui sait ? Après ça, j’ai laissé de côté le yoga pendant un temps et je n’ai réessayé qu’une seule fois lorsque mon amie Kate m’a donné un cours chez elle, dans son salon, avec douceur et amour, ce qui a été une expérience plutôt agréable et encourageante. Et puis un jour, sans même le savoir, j’ai assisté à mon premier cours de Kundalini yoga.

Ma découverte du Kundalini yoga

J’étais inscrite dans une salle de sport depuis peu et j’avais vu au programme l’annonce d’un cours d’énergie yoga. Toujours aussi curieuse mais un peu moins sceptique, plus en phase avec mon corps, ayant moins peur du regard des autres, et entendant toujours autant parler des bienfaits du yoga par mes ami·e·s et par des personnes que je suivais sur les réseaux sociaux, j’ai voulu essayer à nouveau. Energie yoga, ok mais encore ?

C’était un mercredi, à 12H30. Je sortais de mon cours de Qi-gong, et je décidais de rester pour le cours de yoga. Je n’avais aucune idée de ce à quoi m’attendre, d’autant que le nom du cours « énergie yoga » n’aidait pas à savoir à quelle sauce j’allais être mangée. La professeure, Valérie, est arrivée, toute vêtue de blanc avec un turban enroulé autour de sa tête, blanc également. Nous avons commencé la séance assis·e·s en tailleur, nous nous sommes recentré·e·s à l’intérieur de nous en nous concentrant sur le point entre les sourcils (le troisième œil) et nous avons respiré profondément. Avec une voix douce et bienveillante, Valérie nous demandait de ne pas nous juger, mais juste d’observer. Après quoi, les mains en prière devant leur cœur, Valérie et les autres élèves ont commencé à chanter ensemble à trois reprises un mantra que je n’ai pas bien compris : « ong namo guru dev namo » (je salue l’énergie créatrice qui m’amène de l’ombre à la lumière). J’en ai eu des frissons partout, c’était vraiment joli et plutôt puissant d’entendre ces personnes chanter tous·tes ensemble comme ça. Je pouvais sentir en moi une vibration inédite et agréable.

Puis l’enchaînement des postures a commencé. Certaines statiques, d’autres dynamiques mais toutes dans une intention précise suivant le thème du cours du jour (ex : les reins, l’immunité, le sommeil, etc.). Valérie nous rappelait de bien garder les yeux fermés en restant concentré·e·s au troisième œil, de faire comme nous pouvions et que comme nous pouvions, c’était parfait. J’ai beaucoup aimé ça, que finalement tout le monde regarde son intérieur et pas ce que font les autres et aussi m’entendre dire que ce qui comptait, c’était que je fasse au mieux et que cela suffisait. Sans que je m’en aperçoive, le cours arrivait déjà à sa fin. Il s’est terminé avec une relaxation finale. Allongée au sol sur le dos, j’ai pu respirer profondément et me détendre tandis qu’une musique douce et la voix envoûtante d’une chanteuse se diffusaient dans la salle. Et, avant de nous quitter, à nouveau assis·e·s en tailleur, nous avons chanté, toujours à trois reprises, un autre mantra tous·tes ensemble : sat nam (véritable identité).

Je suis sortie de ce cours légère, libérée de certaines tensions et mon corps semblait flotter un peu. Rien à voir avec tous les cours auxquels j’avais assisté précédemment. A aucun moment je n’ai eu envie d’abandonner, au contraire, j’avais déjà hâte de recommencer.

C’est dans le métro sur le chemin du retour chez moi, alors que j’étais plongée dans ma lecture du moment, que j’ai capté. Depuis quelques jours, je lisais le livre La Réconciliation, de la haine du corps à l’amour de soi de Lili Barbery-Coulon. Ancienne journaliste reconvertie professeure de Kundalini yoga, Lili décrit dans son livre cette transition et son parcours de vie, et cette pratique du yoga. C’est ainsi que je me suis rendue compte que le cours auquel je venais d’assister était en fait un cours de Kundalini yoga, probablement appelé « énergie yoga » pour accrocher les personnes fréquentant la salle de sport. Quel joli coup de l’Univers ! La semaine suivante, Valérie me confirmait ce que j’avais deviné et m’expliquait que dans son cours, nous allions suivre des « kriyas » à thèmes au rythme des saisons.

Qu’est-ce que le Kundalini yoga ?

Le Kundalini yoga tire son nom du terme en sanskrit qui désigne une énergie primordiale, vitale et créatrice qui serait présente en chaque être humain et qui circulerait le long d’un canal principal (susumna) dans la colonne vertébrale, allant du sacrum jusqu’au sommet de la tête. Le Kundalini yoga est considéré comme une technologie holistique qui travaille sur différents plans grâce à des séries d’exercices (les kriyas) qui utilisent le souffle (pranayamas), des postures dynamiques ou statiques (asanas), le positionnement des doigts (mudras), la relaxation et la méditation (chantée avec des mantras ou silencieuse).

Un peu d’histoire

Le Kundalini yoga, considéré par certain·e·s comme le yoga originel, a été introduit en Occident par Yogi Bhajan. Officier des douanes à l’aéroport de Delhi et maître de Kundalini yoga depuis l’âge de seize ans, Harbhajan Singh, originaire du Penjab dans le nord-ouest de l’Inde, décide de quitter son emploi et son pays d’origine pour venir s’installer aux Etats-Unis dans l’objectif de dévoiler les techniques du Kundalini yoga au plus grand nombre. En 1969, devenu Yogi Bhajan, il commence à enseigner sa pratique à l’université de Californie avant de fonder son école dont les enseignements seront très vite diffusés à l’international. Il disait qu’il n’était pas venu en Occident « pour chercher des disciples mais pour former des enseignants ». Aujourd’hui, ce sont les institutions KRI (Kundalini Research Institute) et IKYTA (International Kundalini Yoga Teachers Association) qui gèrent le développement et la diffusion du Kundalini yoga au niveau mondial.

Pourquoi choisir de pratiquer le Kundalini yoga ?

Cette pratique du yoga, qui signifie « union », viserait donc à activer nos forces les plus puissantes en unissant les polarités dites masculine et féminine (ou yin et yang, cliquez ici pour en savoir plus) contenues en chacun·e de nous, et en reliant dans le corps les énergies de la sexualité et de la spiritualité, très souvent opposées l’une à l’autre. L’énergie de la Kundalini symbolise notre force vitale, celle qui représente notre désir de vivre. La faire remonter le long de la colonne vertébrale, à l’aide d’exercices spécifiques qui nous immergent dans notre corps et nos émotions, entraînerait une transformation profonde, notamment en aidant à mettre en lumière des zones de blocage, des limites, des croyances et des schémas limitants dans l’objectif d’atteindre un Soi illimité.

Selon la Fédération Française de Kundalini Yoga, celui-ci peut vous aider à :

  • Traverser plus sereinement les périodes de stress de la vie.
  • Aider à maintenir tous les systèmes fonctionnels du corps en bonne santé et prévenir les maladies.
  • Se recharger en énergie vitale et mieux gérer cette énergie.
  • Améliorer la qualité du sommeil.
  • Être plus centré·e, plus à l’écoute de soi-même et des autres.
  • Mieux maîtriser et canaliser ses émotions.
  • Prendre du recul sur ses difficultés physiques et psychologiques, mieux les gérer et ainsi améliorer ses comportements dans la vie personnelle et professionnelle.
  • Devenir plus conscient·e de ce qui se passe en soi et autour de soi et ainsi apprendre à le transformer dans un sens positif.
  • Développer optimisme et joie de vivre.
  • Développer sa capacité à donner de l’amour et son aptitude à en recevoir.

Toujours selon la Fédération Française, le Kundalini yoga est accessible à tous·tes quel que soit l’âge, l’état de santé ou les handicaps. Il ne requiert aucune adhésion à un système philosophique ou religieux et serait plutôt enclin à libérer de toute vision réductrice de l’individu ou d’attitudes intolérantes et sectaires.

« Il faut 40 jours pour défaire une habitude ; 90 jours pour prendre une nouvelle habitude ; 120 jours, et vous devenez cette habitude ; 1000 jours, et vous maîtrisez cette habitude. » Yogi Bhajan.

Il est cependant à noter qu’à force de pratique, la libération de l’énergie Kundalini pendant les cours est généralement graduelle mais peut aussi être plus brutale, entraînant des états émotifs parfois intenses et possiblement difficiles à gérer. Ainsi, il est important de se renseigner sur les professeur·e·s des cours auxquels on assiste, sur la réputation des salles dans lesquelles on souhaite aller, voire auprès des autres élèves. Mais surtout, il est important de s’écouter. Comme moi, cela ne sera peut-être ni le bon moment de vie pour pratiquer ce yoga, ni le/la bon·ne enseignant·e, etc.

Ce que le Kundalini yoga m’apporte

Cela fait maintenant huit mois que je le pratique une à deux fois par semaine et je suis conquise ! La première chose que j’apprécie, c’est que les cours de Kundalini yoga ne sont pas découpés par niveau. Tous·tes les élèves se mélangent, peu importe leur expérience en la matière, et la performance n’est pas d’ordre. De plus, il est vrai que c’est un yoga très accessible à différents types de population. Par exemple, dans le cours auquel j’assiste, des personnes de vingt ans pratiquent au côté de personnes de quatre-vingt ans ! Par ailleurs, les kriyas sont si nombreux, qu’il est possible de trouver des exercices que l’on peut faire allongé·es, assis·e·s ou debout et que l’on peut aisément adapter. Mon enseignante, elle, propose toujours différentes versions des exercices.

Si je n’ai pas ressenti tous les effets décrits par la Fédération Française, dont certains sont d’ailleurs plus observables et plus palpables que d’autres, j’ai pu constater de réels changements. Jusqu’à présent, le Kundalini yoga m’a en effet permis de gagner en souplesse, en force et en énergie, en détermination et en volonté, en confiance et en ancrage. Je remarque que je suis également plus centrée et bien plus connectée à mon corps que j’avais tendance à reléguer au second plan. Le pratiquer m’a aussi permis de me connecter authentiquement à toutes mes émotions, celles agréables comme la joie, l’amour ou la fierté et celles plus désagréables comme la colère, la tristesse, la frustration ou la honte ; mais toutes si utiles à mon évolution personnelle. Ainsi, pendant les cours, je souris souvent et je pleure parfois.

Enfin, grâce à cette pratique, je lis, j’échange avec des enseignant·e·s et des élèves et j’apprends sur le yoga, sur le corps humain, sur son lien aux énergies qui l’entourent (les saisons, les cycles lunaires, etc.), sur la méditation et sur les chants de mantras, etc. Cette dernière pratique est d’ailleurs ma plus jolie découverte et depuis quelques temps, je médite quotidiennement en chantant des mantras. Ils m’apaisent, me recentrent, me soutiennent, me connectent à mes émotions et me donnent beaucoup de joie.

« Pour transformer, il faut lâcher […] A la différence du serpent qui mue tout au long de sa vie, j’ai dû gratter, petite humaine, pour décoller ces couches et ces couches de peurs, de colère, de honte, de culpabilité, engrammées dans mon sacrum, mon bassin, mes intestins, mes épaules. Notre corps porte en lui la mémoire de chaque trauma, vécu ou ressenti dans notre histoire ou hérité de celles et ceux qui précèdent, familialement et collectivement. Nous sommes donc cet ordinateur dont le disque dur est vivant, constitué de nos milliards de cellules, incubatrices de la vie elle-même et porteuses du miracle de se régénérer en permanence. », Anne Bianchi.

Si vous souhaitez en savoir plus sur le Kundalini yoga, je vous conseille de vous rendre sur le site de la Fédération Française de Kundalini Yoga (cliquez ici), sur le blog de Lili Barbery Coulon (cliquez ici) ou de lire le livre de Guru Jagat (cliquez ici).

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